24/12/06
- Selon un rapport du BND (la CIA allemande), la mafia sicilienne
(Cosa Nostra) et la Ndrangheta calabraise détiendraient
(via des intermédiaires) plus de 3% des parts de la Gazprom,
premier exportateur de gaz au monde.
Pour info, la Ndrangheta est
un des principaux acteurs du détournement des aides européennes
(notamment via la PAC). La BND estime même qu’il
s’agit là de l’organisation criminelle la
plus dangereuse d’Europe (nov. 2006).
Depuis l’an 2000 et l’arrivée
au pouvoir de Vladimir POUTINE, Gazprom est une entreprise publique,
l’Etat ayant en sa possession la majorité des actions.
Cependant, quelques parts sont détenues par de petits
actionnaires tels que ceux cités un peu plus haut.
Pour le cas de la mafia sicilienne
et de la Ndrangheta, ce ne sont que des estimations, il se peut,
en effet, que les chiffres sont bien plus élevés
dans les faits. Gazprom, et peu doivent en douter, est donc
loin d’être transparente.
Par exemple, parmi ses hauts
dirigeants (responsables, entre autres, de la gestion financière),
on peut trouver un ancien membre du Clan Ciancimino (lié
à Cosa Nostra). Autrement dit, et pour résumer,
Gazprom entretient des liens plus qu’étroits avec
la mafia, qu’elle soit russe ou italienne.
Le cas des hauts dirigeants est
plutôt voyant et, par conséquent, plutôt
rare. Ainsi, la plupart du temps, on rencontre les mafieux ailleurs,
au sein des filiales de Gazprom par exemple.
C’est le cas d’Alicher
OUSMANOV qui est davantage connu pour ses activités de
blanchiment d’argent dans les années 90 que pour
le prix Nobel d’économie qu’il n’a
pas encore eu… Autre exemple, et nous allons enfin faire
le lien avec ce fabuleux sport qu’est le football, celui
de Rinat AKHMETOV, actuel gérant de la fourniture de
gaz à l’Ukraine (très lucrative en ce moment)
et, accessoirement, président du Shaktar Donetsk, le
plus célèbre club ukrainien (grâce à
Aghahowa ?).
Il se trouve que, et ça
devient de moins en moins surprenant, ce cher Rinat n’est
autre que l’une des grandes figures avérées
de la criminalité des années 95. Aujourd’hui,
depuis que IANOUKOVITCH est revenu au gouvernement, AKHMETOV
siège également au Parlement et s’est vu
confier la charge de la lutte contre la criminalité organisée
: un comble, non ?
Apparemment, en Russie, être
un bandit reconnu n’est pas incompatible avec de hautes
responsabilités (dans Gazprom). A première vue,
il peut tout simplement s’agir du plus génial modèle
de réinsertion des anciens criminels.
Mais, il suffit de gratter un
tout petit peu plus pour apprendre qu’AKHMETOV n’est
pas du tout un cas isolé, exceptionnel. Non, et comme
je vais vous l’expliquer, ce genre de pratiques est de
plus en plus répandu et pas seulement dans le secteur
de l’énergie.
Pour en revenir avec le président
du Shaktar, d’après la rumeur, il serait l’auteur
de l’attentat meurtrier dont fut victime son prédécesseur
à ce poste, Achat BRAGUINE. Mais bon, pour le coup, ce
ne sont que des soupçons… Mais, en plus de clubs
ukrainiens (ex. Shaktar) ou russes (ex. Zenit Saint-Pétersbourg,
très connu à Marseille), la tendance est telle
qu’on ne peut s’empêcher d’imaginer
que ce genre de pratique se répande au sein de l’Europe
des 27.
En effet, on croyait en avoir
bavé avec le Milan AC de BERLUSCONI, la Juventus d’AGNELLI
ou l’OM de TAPIE, mais on avait tort. Tout porte à
croire que le pire est à venir et que, dans ce contexte,
la mafia russo-italienne saura nous surprendre davantage qu’un
film de M.N. SHYAMALAN.
Premier indice : le contrat signé
entre Gazprom et le club allemand de Schalke 04. En gros, le
géant du gaz mondial aurait offert au club la modique
somme de 125 millions d’euros sur 6 ans, juste pour redorer
son blason à l’ouest.
A partir du 1er janvier 2007,
Gazprom sera le sponsor principal de Schalke 04. En pleine crise
financière, le club de Gerd REHBERG (président)
ne pouvait rêver mieux et ne compte pas s’arrêter
sur le genre de détails cités auparavant dans
cet article.
Peu importe que cette entreprise
soit gérée par des mafieux reconnus. Au fond,
peu importe d’où vient l’argent tant qu’il
arrive. C’est un peu comme à Chelsea il y a quelques
années où ça n’avait pas l’air
d’inquiéter beaucoup de supporters (et même
les autorités) qu’un truand comme ABRAMOVITCH qui
s’est enrichi grâce au chantage et à la corruption
devienne actionnaire principal du club.
Pareil pour Schalke où
rien ne semble inquiéter les gens, pas même le
rapport de la BND ni les déclarations plus que douteuses
du président de la fédération allemande
de football, Theo ZWANZIGER, qui disait à ce propos :
« nous avons besoin de sponsors dans le football, je ne
veux pas entrer dans le détail des accords existants
».
Ce qui est le plus bizarre dans
tout ça, c’est que ce gars, censé être
le garant de la bonne image du football allemand, n’a
toujours pas été enfermé (asile ou prison,
peu importe).
Le pire, c’est qu’à
Schalke 04, on prend ça comme un on du ciel totalement
désintéressé. On reste persuadé
que Gazprom ne fera pas d’ingérence, n’essaiera
en aucun cas d’influencer les choix des dirigenats du
club,… Ils doivent avoir raison, ce n’est pas vraiment
le genre des mafieux que de vouloir tout contrôler et
prendre l’argent là où il y en a.
La Russie est touchée,
l’Ukraine aussi, d’autres pays de la CEI également.
Maintenant, via Schalke 04 et Chelsea, l’Europe commence
à participer. D’ailleurs, et ça confirme
la tendance, un autre club anglais (Tottenham, Fulham) serait
devenu la cible d’un milliardaire russe : Michael CHERNEY.
Pas très russophone ce
nom, pas vrai? Bien vu, en réalité, cette haute
personnalité de l’aluminium se nomme Mikhaïl
TCHERNOI. Oui, celui là même qui fait l’objet
d’enquêtes du FBI, de Scotland Yard et de la police
dans plusieurs autres pays européens. Son atout, comme
les autres d’ailleurs, c’est qu’il ne risque
rien.
En effet, pour pouvoir inculper
tous ces gens, pour que les enquêteurs aient des preuves
tangibles, il faut qu’ils aient accès à
des éléments exploitables. Or, c’est très
difficile (impossible, en fait) dans les pays de l’Est.
Dans beaucoup de ces pays, les politiques sont largement soutenus
par les réseaux mafieux. Par exemple, en Ukraine, AKHMETOV
(président de Shaktar) a toujours soutenu IANOUKOVITCH.
Dans le cadre de cet article,
comment ne pas évoquer le cas de Boris BEREZOVSKI, actuel
propriétaire caché du club brésilien des
Corinthians. En gros, il y a quelques temps, le club a été
racheté par un groupe d’Investissement appelé
MSI.
Jusque là, tout va bien.
Seulement, en avril 2005, un groupe chargé de la lutte
contre le crime organisé a découvert que Berezovski,
accusé d’assassinats et de blanchiment (entre autres),
était aux commandes de MSI, qu’il ne s’agissait
là que d’un intermédiaire pour passer incognito.
Depuis cet été,
les investigations se sont renforcées, la justice brésilienne
s’en est mêlée. Bien que le MSI nie tout
lien avec cet homme d’affaire russe douteux, il n’empêche
qu’il n’a pu empêcher la boulette du président
du club, Alberto DUALIB qui a laissé entendre qu’il
devait rencontrer l’homme en question pour « affaires
».
Quelles affaires ? D’ailleurs,
la justice brésilienne l’a dit haut et fort : «
cette bande (référence à Berezovski) a
choisi le Brésil pour s’implanter en croyant qu’il
s’agissait d’une république bananière,
et que nos institutions fermeraient les yeux ». En effet,
on dit même que BEREZOVSKI fut très étonné
de la quantité d’informations sur lui dont disposait
la justice. A croire qu’il avait oublié qu’il
n’était plus en Russie…
Pour en finir, il paraît
inquiétant que de telles pratiques soient de plus en
plus associées au monde du football. Aujourd’hui
les Corinthians, Chelsea, Schalke 04, demain peut-être
d’autres clubs anglais,… Qui sait où cette
avalanche d’illégalité s’arrêtera.
Quel visage aura le football
de demain. Les autorités (politiques et footballistiques)
peuvent-elles risquer de fermer les yeux sur ces pratiques sous
prétexte qu’il s’agit de beaucoup d’argent?
Schalke a-t-il bien fait de s’associer avec Gazprom dont
on dit qu’elle fut l’une des actrices principales
de la restriction de la presse en Russie?
J’espérais ne pas
devoir vous le rappeler mais il ne fait pas bon du tout d’être
journaliste (critique) en Russie. Schalke 04 est-il aussi naïf
que ça, croit-il vraiment que Gazprom va se contenter
de regarder faire les gestionnaires du club ?
Beaucoup de questions, peu de
réponses. Quand même une dernière question
pour finir : voulons-nous vraiment que, demain, Londres ressemble
à Saint-Pétersbourg ? Autrement dit, voulons nous
que la mafia (via ses trafics habituels mais aussi le football)
contrôle les ¾ de l’économie de nos
villes ?
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Nando
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