les
affaires.com
René Vézina
10/10/07
- Le rédacteur-en-chef du magazine américain
branché (littéralement) Wired était
à Montréal, hier, pour parler du triomphe
des nouveaux modèles d'affaires dans les entreprises
-et de l'emprise grandissante d'Internet. Parallèlement,
l'action de Google atteignait 615 $ à New York.
D'abord,
Google. Sa croissance est foudroyante. Et pourtant, son
principal produit est accessible gratuitement ! Il y a
trois ans, quand l'action de Google a été
émise en Bourse à 100 $, j'ai été
de ceux qui pensaient que c'était une mode qui
ne durerait pas. Rappelez-vous : nous sortions à
peine de l'éclatement de la bulle techno et beaucoup
de gens avaient été échaudés
par la dégringolade des Nortel de ce monde.
Mais
chez Google, ils ont la recette. Assez pour déclarer
44 $ de profits par action au dernier exercice ! À
ce compte-là, pour l'instant, l'action n'est pas
à un prix exhorbitant sur la base d'un ratio cours/bénéfice.
Moins, en tout cas, que d'autres titres technos.
Comment
font-ils ? Simplement en se constituant une formidable
base de données qui peut ensuite être mise
à contribution. Si une entreprise X, par exemple,
désire savoir combient de gens sont allés
s'informer sur elle, et par quelle entrée web,
elle peut le demander à Google qui lui fournira
un rapport. Payant. Les agents immobiliers vont faire
confectionner des cartes aériennes d'un voisinage
spécifique par Google Earth. Également payant.
Et on parle maintenant du lancement prochain d'un Google
Phone. Sidérant !
Tout
ça part d'un modèle basé sur la gratuité.
Et ce n'est pas fini, annonçait Chris Anderson,
qui revenait sur la distribution par Prince de son dernier
cd dans les pages d'un tabloïd anglais (il en a donné
ainsi 2 millions !). Certains professionnels de l'industrie
l'ont accusé d'insanité. Mais il sait bien,
lui, que les amateurs vont ensuite débourser 100
$ pour aller à ses concerts, et c'est là
qu'il va remplir la caisse. Le groupe Radiohead va mettre
son prochain « disque» en ligne, suggérant
aux gens de payer ce qu'ils veulent pour le télécharger.
Habile : on coupe les coûts de fabrication et de
distribution, on fait quand même des profits et
on prépare justement la tournée qui va suivre...
Faire
de l'argent à partir de produits gratos ? Oui,
c'est possible. Comme quoi, en affaires, le plus grand
obstacle, c'est le manque d'imagination.
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