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Bientôt
du filet mignon fabriqué en laboratoire
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03/10/07
- C'est le rêve du végétarien et le
cauchemar du carnivore : de la chair produite en laboratoire
pour la consommation humaine.
Des
ingénieurs tentent de cultiver de la viande dans
une boîte de Petri pour assurer l'alimentation des
astronautes pendant les missions spatiales de longue durée,
sur Mars par exemple. A terme, toutefois, leur travail pourrait
avoir des applications courantes sur terre.
Au
Touro College de New York, une équipe subventionnée
par la NASA et dirigée par Morris Benjaminson s'est
attelée à la tâche en prélevant
du tissu musculaire sur un poisson rouge et en le cultivant
pendant une semaine sur un milieu de culture cellulaire.
Selon Benjaminson, le volume du tissu a augmenté
de 14 % grâce à la division de myoblastes partiellement
différenciés dans le muscle adulte. Mais la
production de gros morceaux de tissu musculaire risque d'être
plus difficile car elle nécessite un apport constant
de nutriments. Lorsque le tissu a une alimentation sanguine,
les capillaires ne doivent pas être espacés
de plus de 200 microns, faute de quoi le tissu meurt.
Pour
les chercheurs de la faculté de médecine de
Caroline du Sud, la viande de demain sera un produit industriel
proche de la saucisse ou du hamburger. Dans un projet soumis
à la NASA, le directeur de recherche Vladimir Mironov
explique comment il espère cultiver des cellules
sur un gel protéique, un procédé qui
pourrait être employé pour fabriquer des nuggets
ou des steaks hachés. Les cellules de remplacement
sur lesquelles il envisage de travailler initialement sont
les myoblastes, qui se trouvent sur le pourtour des fibres
musculaires et participent à la réparation
des muscles. Son rêve est de produire de la saucisse
fraîche en une nuit grâce à un appareil
très peu encombrant.
Les
chercheurs n'ont pas renoncé à l'idée
de fabriquer le filet mignon parfait en laboratoire. Mironov
a imaginé d'utiliser un bioréacteur pourvu
d'un réseau de minuscules tubes comestibles qui joueront
le rôle des capillaires et distribueront les nutriments.
Mais, pour obtenir la texture d'un steak, il faut un muscle
et un tissu conjonctif d'une structure très complexe.
Et donc beaucoup d'exercice. Herman Vanderburgh, de la Brown
University, a proposé un traitement physique pour
les steaks "sédentaires" : l'utilisation
de gouttes de chitine qui changent de taille selon la température,
obligeant les myoblastes à s'étirer et à
se contracter. Malheureusement pour les astronautes omnivores,
la NASA a rejeté la proposition de Mironov, préférant
continuer pour le moment à imposer un régime
végétarien aux astronautes.
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