Préparation
à l’intervention
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Auto-observation
comme intervenante
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Les
participants
aux ateliers
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Évaluation
des ateliers |
| Entretien
avec
Mme Voisard |
Choix
du contenu des ateliers
Mon savoir-faire
Mes émotions
Mes perceptions
Mes réflexions |
Les
demandes avant les ateliers
L’attitude corporelle pendant les ateliers
Les commentaires après les ateliers
Les interactions entre les usagers et moi
|
Entretiens
avec les usagers et Mme Voisard |
J’ai offert un total de 18 ateliers hebdomadaires de 1H30
entre l’automne 2003 et l’hiver 2004. Les ateliers
ont été supervisés par Mme Voisard. Les participants
des ateliers en éducation somatique étaient des
usagers en cours de démarche et des ex-usagers en post-traitement
et prévention de rechute.
La
période d’intervention a été précédée
d’un entretien avec ma superviseure et suivie par deux évaluations
effectuées par les usagers eux-mêmes et ma superviseure.
Au
début de ma recherche, je voulais vérifier l’impact
de mon enseignement sur les participants des ateliers. Peu à
peu, j’ai compris que c’était inapproprié
à ce stade de ma recherche. Comment pouvoir comprendre
ce que les participants ressentent sans d’abord comprendre
au juste ce que je leur offre et pourquoi ? Mon attention s’est
tournée alors sur mon expérience en tant qu’enseignante.
Je me suis appuyée sur un cadre de type phénoménologique
tout en me servant de mon expérience comme chercheuse en
anthropologie dans le croisement de deux méthodologies
: celle de Teacher’s Research et celle d’Auto-ethnographie.
J’ai utilisé un journal de bord comme outil pour
la cueillette de données.
La
première partie théorique de ma recherche présente
les concepts du corps dans les sociétés industrielles
postmodernes. Mon but est de souligner l’écart entre
les principes de l’éducation somatique et la construction
culturelle du corps dans ces sociétés.
Ceci
m’a aidée à comprendre que les défis
de l’application de l’éducation somatique en
milieu spécialisé en toxicomanie sont dus en partie
à la façon même dont notre société
conçoit le corps et la santé.
De
plus, pour les éducateurs somatiques, il est important
de considérer que la plupart des personnes qui viennent
nous consulter portent dans leur imaginaire des conceptions du
corps issus du contexte culturel dans lequel elles vivent.
Admettre
cela signifie accepter de travailler avec l’élève
en considérant toute une vision du monde qui le dépasse
en tant qu’individu sans pourtant endosser, ni rejeter la
vision du monde qui soutient la façon de se percevoir.
J’aborde
dans cet article seulement la deuxième partie de ma recherche
théorique : je m’intéresse au concept de corps
vécu et j’aborde la spécificité de
l’éducation somatique en comparaison à la
psychothérapie d’orientation corporelle.
L’éducation
somatique en milieu spécialisé en toxicomanie
L’éducation
somatique est un domaine composé de différentes
méthodes qui utilise le mouvement corporel pour le développement
de la conscience. D’après le Regroupement pour l’Éducation
Somatique (RES), fondé au Québec en 1995, sous le
nom d’éducation somatique, on retrouve les méthodes
suivantes: Feldenkrais, Antigymnastique, Gymnastique Holistique,
Eutonie, Technique Alexander, Trager, Continuum, Body Mind Centering
et Somarythme.
« L’éducation
somatique propose un processus éducatif lors de cours ou
leçons où l’intervenant propose par la parole
des activités pédagogiques de mouvement et de perception
du corps » .
Dans la plupart
des ateliers en éducation somatique, les participants sont
couchés au sol et guidés dans des mouvements lents,
simples et justes. Il n’est pas rare que l’éducateur
somatique propose l’utilisation d’une variété
d’objets (balles, ballons, bâtons, rouleaux, sacs
de sable, etc.), qui ont la fonction d’éveiller l’attention
du participant à son propre corps à travers l’auto
massage.
La première
étape des séances d’éducation somatique
met l’accent sur la détente. Cependant, loin de viser
une relaxation passagère, les éducateurs somatiques
utilisent donc des stratégies d’apprentissage qui
peuvent amener la personne à changer ses anciennes habitudes
nuisibles à sa santé.
De cette façon,
l’éducation somatique est conçue comme une
voie éducative de transformation des problèmes psychosomatiques
qui sont intimement reliés aux douleurs chroniques, tensions
inutiles, migraines, inflammation articulaire, blessures à
répétition, fibromyalgie, insomnie, anxiété,
dépression, syndrome pré-menstruel, consommation
de drogues, etc.
Le but des exercices
proposés est diversifié: la prévention ou
management du stress ; la récupération de l’épuisement
physique et mental; l’apaisement des douleurs chroniques
; l’amélioration de la flexibilité et de l’amplitude
articulaire ; l’équilibre du tonus du corps dans
son entier ; le développement de la coordination motrice
et de la capacité de concentration ; l’expérience
d’une plus grande liberté respiratoire ; la transformation
des habitudes posturales inadéquates ; l’éveil
de la conscience corporelle et la reconnaissance des dynamiques
entre son corps, son vécu et ses émotions.
En ce qui concerne
la toxicomanie, des nombreux chercheurs se sont penchés
sur les aspects biologiques, psychologiques, sociologiques, socio-économiques
et culturels de cette problématique.
Actuellement, différents
courants comprennent que la toxicomanie est un phénomène
aux multiples facettes, où tous les aspects précédemment
cités interagissent tant dans l’émergence
de la dépendance que dans le processus de réadaptation
de l’usager.
« En 1991,
la Commission des centres de réadaptation pour personnes
alcooliques et toxicomanes a défini la réadaptation
comme un processus d’évolution personnelle qui permet
à la personne de reprendre le contrôle de sa vie.
Selon cette optique,
la réadaptation devient alors une question de ré-apprentissage,
un processus non linéaire, ce qui donne un sens nouveau
aux rechutes ». Cette vision de la réadaptation des
toxicomanes va certainement de pair avec les propos de l’éducation
somatique.
Le corps vécu
« What I
want to make very clear is that to talk about pain and pleasure
and states in between involves talking about the state of your
own organism, physically speaking, as represented in the brain
(…) Our most refined thoughts and best actions, our greatest
joys and deepest sorrows use the body as a yardstick ».
J’ai choisi
d’aborder ici un des concepts de l’éducation
somatique qui est, à mon avis, fondamental dans le cas
des personnes vivant une remise en question de leurs dépendances.
Le concept de corps vécu est à la base des méthodes
proposées par l’éducation somatique.
Mais, qu’est-ce
que le corps vécu ? Et quelles sont les stratégies
de l’éducation somatique qui permettent d’amener
l’attention des usagers vers leur vécu somatique
? La notion de corps vécu serait-elle une stratégie
de renforcement de la confiance en soi chez l’usager, de
la validation de sa subjectivité et de l’éveil
de l’estime de soi ? Je débute ma série d’ateliers
en clarifiant aux participants que je ne suis pas un modèle
à copier et que je ne prône pas un idéal de
corps à atteindre. Ma prise de position vise à mettre
en relief l’expérience de l’apprenant, en légitimant
et en validant leur vécu somatique.
Ici, j’aborderai
le concept de corps vécu sous quatre angles différents
mais inter reliés : la prise en charge de l’apprenant,
la sensibilisation de la peau, la plasticité du tonus,
la perception de soi et de l’environnement.
Débora Bolsanello
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