01/12/06
- Musique, théâtre, cinéma, Seu Jorge est
un artiste format XXL qui transforme tout ce qu'il touche en
or. Pas de quoi lui faire oublier, pourtant, d'où il
vient, ni ce qu'il doit à la France
De son vrai nom Jorge Mario da Silva, Seu Jorge (quelque chose
comme "M'sieur Jorge") est né le 8 juin 1970
à Belford Roxo, un quartier de la grande banlieue de
Rio de Janeiro. Aîné de quatre garçons,
il grandit dans la favela et commence à travailler dès
l'âge de dix ans, dans une borracharia (réparation
de pneus).
S'il
reste plutôt studieux à l'école, la musique
prend vite une place importante dans son quotidien. Son père,
percussionniste, est sa première idole, et c'est en l'accompagnant
dans les bals de quartier que l'envie devient évidence
: il sera chanteur. Comme Carlos Dafé, son mythe d'enfance,
rencontré dans la maison d'un cousin aujourd'hui célèbre,
un certain Dudu Nobre.
Adolescent,
Seu Jorge commence à gagner sa vie en multipliant les
petites scènes de la banlieue carioca, lorsque sa vie
bascule : son frère est tué au cours du braquage
d'une boulangerie, un drame qui entraîne la destruction
de la cellule familiale. Seu Jorge se retrouve à la rue,
tombe dans la drogue. Pendant trois longues années, il
mène une vie de marginal, sans toutefois perdre ce qui
le sauvera : la joie de chanter.
De
la rue à la gloire
Son "sauveur" s'appelle Paulo Moura, un célèbre
clarinettiste qui le repère lors d'un boeuf de rue et
lui propose un test pour intégrer une compagnie théâtrale.
Seu Jorge ne laissera pas passer sa chance. Il participe à
une vingtaine de pièces, s'épanouit sur scène,
multiplie les rencontres.
Une expérience fondamentale dans le processus de création
de son groupe, Farofa Carioca, une bande de huit personnes dont
un Français, le flûtiste Bertrand Doussain. Farofa
Carioca ressemble à Seu Jorge : on y trouve de tout,
samba, reggae, funk, rap, mais aussi danse et cirque. La réputation
de ce joyeux collectif dépasse vite les frontières
de Rio de Janeiro, et le lancement de l'album, Moro no Brasil,
est une suite logique à la réputation grandissante
du groupe. Nous sommes en 1998, début de la reconnaissance.
La
carrière de Seu Jorge prend un nouveau virage en 2001,
avec la sortie de son premier album solo, Samba Esporte Fino.
Les titres Mangueira, Te Queria, et surtout Carolina, lui permettent
d’affirmer son propre style, attirant ainsi l’attention
des producteurs du monde entier. En 2004, il enregistre ainsi
son second album, Cru, à Paris avec le Français
Jérôme Pigeon, alias Gringo da Parada. L’album
de la consécration, grâce à des morceaux
comme Tive Razao, Bem Querer et Sao Gonça, sans oublier
la surprenante reprise du Chatterton de Serge Gainsbourg.
Entre
les deux albums, il est à l’affiche du cultissime
Cidade de Deus et bluffe son monde en campant un Mané
Galinha plus vrai que nature. Sans doute la plus remarquable
de ses performances d’acteur, lui qui a déjà
participé à plusieurs longs-métrages.
Seu
Jorge prépare un nouvel album, son troisième.
Dire qu’il est attendu n’est qu’un doux euphémisme…Bertrand
Blais -
(www.lepetitjournal.com
- São Paulo) -
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