24/01/07
- En arrivant sur le plateau de Piratininga, des missionnaires
dirent la messe avant de démarrer la construction d’un
collège.
C’était
le 25 janvier 1554. Ils ne se doutaient pas qu’ils annonçaient
la naissance de la plus grande métropole de l’hémisphère
sud, São Paulo
Les
jésuites José de Anchieta et Manuel da Nóbrega
fondèrent la mission de São Paulo de Piratininga
en 1554. Ils choisirent une position géographique idéale.
Non loin de la mer, les rivières Tietê et Pinheros
se jettent l’une dans l’autre et permettent d’atteindre
Rio de Janeiro (alors siégé par les Français)
par la rivière Paraíba.
Les
jésuites baptisèrent leur mission en l’honneur
de l’apôtre Paul, convertit un 25 janvier. Sur la
colline qu’ils choisirent pour la vue qu’elle offrait,
ils entamèrent alors la construction du Patio do Colegio,
avec la main d’œuvre des Indiens.
Au
bout d’un an, la construction fut achevée : il s’agissait
de quelques pièces qui servaient de salle de classe pour
le catéchisme, un réfectoire, un dortoir une cuisine,
sous un toit de paille. Le patio fut attaqué par les Indiens
à plusieurs reprises, dans les décennies qui suivirent,
se rebellant contre l’esclavagisme.
Le
roi avait interdit l’esclavagisme des Amérindiens
- sauf dans le cadre d’une guerre juste (!). En protection,
des murs furent érigés autour du patio et des maisonnettes
voisines. São Paulo comptait quelques dizaines d’habitants.
A
la fin du XVIème, les Indiens sont finalement convertis
ou enfuis. Plusieurs fois reconstruit, le collège est le
principal centre de la bourgade, mais perd petit à petit
de son influence avec la montée des Républicains.
Les jésuites sont expulsés en 1759, et le collège
est alors utilisé en tant que siège du gouvernement.
30.000
habitants en 1870
Tout
comme pour la ville entière, il est difficile de s’imaginer
à quoi ressemblait le Collège il y a quelques siècles.
A São Paulo, les vestiges du passé sont aussi rares
que les minutes de silence dans le ciel aérien. Aujourd’hui,
il ne reste qu’un mur de la construction des jésuites.
Les
300 premières années de São Paulo ne présageaient
en rien d’une destinée au rayonnement international.
C’est à la fin du règne de la canne à
sucre dans le Nordeste, puis de l’or dans le Minas Geiras,
que São Paulo joua un rôle de premier plan dans l’histoire
du Brésil.
Le
salut économique du pays était assuré grâce
à l’exploitation du café. Un chemin de fer
fut construit pour aller jusqu’au port de Santos, et apporter
le café au monde entier.
Dans
le sens inverse la main d’œuvre, d’origine européenne
affluait du port jusqu’à la ville. Les habitants
des régions agricoles de l’intérieur du pays
quittaient leur fazenda pour arriver en masse dans la ville. Alors
qu’elle comptait 30.000 habitants seulement jusqu’en
1870, la population atteignit 10,4 millions en l’an 2000
et plus de 20 millions pour la métropole.
Et
Saint Paul annonça la bonne nouvelle : le Brésil
est devenu une puissance mondiale incontournable.
LB
(www.lepetitjournal.com) – jeudi 25 janvier 2007
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