29/03/07
- Il semble que Varig, qui a fait la fierté du Brésil,
soit vouée à perdurer. La compagnie brésilienne
à bas coûts GOL a annoncé le 28 mars qu’elle
rachetait l’intégralité du capital de VRG
Linhas Aéreas, détentrice de la marque et exploitante
de la « nouvelle Varig », pour 320 millions de dollars
(dont 45 millions de dettes).
L’accord
doit encore être approuvé par les autorités
antitrust et l’agence nationale de l’aviation civile
du Brésil. Le groupe transporterait alors vingt millions
de passagers annuellement.
GOL
a l’intention de bien séparer les deux compagnies,
au niveau de leur structure et de leur business model. Ainsi,
GOL ne changera rien à son modèle économique
et conservera son but de démocratisation du transport aérien
par la proposition de vols à bas coûts, avec une
seule classe de services et sur le réseau régional.
Varig restera indépendante et sera séparée
d’elle financièrement.
Elle
continuera de proposer des vols directs et son programme de fidélité
(Smiles). Ses appareils offriront deux classes de service sur
le réseau long-courrier et une seule sur le domestique,
où elle reliera entre eux les principaux centres économiques
brésiliens. Ses bases se seront dans les aéroports
de Sao Paulo (Congonhas et Guarulhos) et de Rio de Janeiro (Santos
Dumont et Galeao). Le réseau de GOL, complémentaire
avec le sien, lui permettra de nourrir ses vols internationaux.
Nouvelle
restructuration en prévision
Cependant,
la compagnie low-cost n’a pas l’intention de maintenir
le statu quo, d’autant moins que Varig continue de voler
à perte. Elle va donc lui transmettre sa gestion low-cost
pour diminuer ses frais : elle va optimiser ses acquis, utiliser
massivement les nouvelles technologies, apporter son poids économique
dans les négociations de tarifs et la doter d’une
flotte plus efficace.
Celle
de Varig est actuellement composée de 17 appareils : treize
Boeing 737-300, deux MD-11 et un B767-300ER. GOL compte la faire
passer à trente-quatre appareils et la simplifier en n’en
conservant que deux types : vingt B737 et quatorze B767. Elle
pourra ainsi desservir douze destinations internationales, alors
qu’elle n’en compte que cinq dans son réseau
aujourd’hui : Paris, Francfort, Londres, Madrid et Milan
en Europe, Miami, New York et Mexico City en Amérique du
Nord, Buenos Aires, Santiago du Chili, Bogota et Caracas en Amérique
du Sud.
La
compagnie low-cost a des airs de cadeau d’anniversaire,
alors que la marque Varig s’apprête à fêter
ses 80 ans de services. L’ancien transporteur porte-drapeau
revient en effet de très loin. Englué dans ses dettes,
il a dû se placer sous la protection du régime des
faillites en juin 2005 pour empêcher ses créanciers
de saisir ses appareils. A partir de là, tout est allé
de mal en pis : de retards en annulations de vols, la majeure
partie de la flotte a fini clouée au sol faute que liquidités
pour payer les redevances aéroportuaires et le kérosène.
Après
plusieurs échecs lors de sa vente aux enchères,
elle a été reprise en juillet 2006 par VarigLog,
son ancienne filiale logistique, et le fonds d’investissements
Volo do Brasil. Repartant amputée de son unité de
services et desservant un réseau réduit à
un mouchoir de poche avec une flotte restreinte, la « nouvelle
Varig » a regagné peu à peu du terrain depuis
et a obtenu ses certificats opérationnels le 14 décembre
dernier. A présent et avec le soutien de la très
efficace GOL, elle peut reprendre le chemin de la croissance.
Emilie Drab
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