24/12/06 - Les récoltes de café se suivent,
mais ne se ressemblent guère. Alors que la saison courante,
2006-2007, s'achemine vers un important excédent, de
l'ordre de 5 millions de sacs (de 60 kilos chacun), il est fort
possible que la récolte suivante, celle de 2007-2008,
soit marquée par le retour au déficit, explique
Nestor Osorio, directeur exécutif de l'Organisation internationale
du café (OIC).
« Ce déficit
devrait être au moins aussi important que celui de 2005-2006
», avance-t-il dans sa dernière lettre mensuelle.
Le défaut s'était alors établi à
quelque 5,6 millions de sacs. Face à une demande qui
varie peu d'une année à l'autre (estimée
à 117 millions de sacs en 2007, contre 116 millions en
2006 et 115 millions en 2005), les volumes livrés par
les principaux pays producteurs, eux, connaissent de véritables
embardées.
La saison actuelle
va se solder par une offre de 121,5 millions de sacs, d'après
les dernières prévisions de l'OIC. En toute hypothèse,
il n'en ira pas de même pour la prochaine. Nestor Osorio
remarque que le principal pays producteur, le Brésil,
a anticipé, le 15 décembre, une récolte
de 42,5 millions de sacs pour 2006-2007.
Près d'un
million de sacs de plus que la précédente estimation.
En revanche, pour 2007-2008, la Companhia Nacional de Abastecimento
(Conab), structure de l'Etat fédéral pour l'approvisionnement
en denrées agricoles, table sur un débit nettement
plus maigre, compris entre 31,1 et 32,3 millions de sacs.
Hier, l'Indonésie,
quatrième pays producteur et exportateur de café
derrière le Brésil, le Vietnam et la Colombie,
a fait savoir que sa production pourrait être réduite
jusqu'à 30 %. Conséquence des pluies torrentielles
qui ont suivi une période de temps anormalement sec du
fait du phénomène climatique connu sous le nom
de El Niño.
Deux importantes
zones de culture de café de qualité arabica ont
été frappées, la montagne de Gayo dans
la province d'Aceh et le nord de l'île de Sumatra. Le
sud de l'île de Sumatra, où l'on cultive essentiellement
du robusta, n'a pas été épargné
non plus.
Réserves
en baisse
Face à une production globale si fluctuante et difficile
à appréhender, les opérateurs se tournent
davantage vers l'état des stocks pour décider
de leurs politiques d'investissement. « Le niveau des
réserves des pays importateurs est une variable étroitement
liée aux mouvements des cours », rappelle Nestor
Osorio.
L'ensemble des
stocks disponibles dans les pays importateurs sont chiffrés
par l'OIC à 20 millions de sacs environ. Les réserves
officielles des marchés londonien (Euronext.Liffe) et
américain (NyBoT) ont baissé dans des proportions
réduites en novembre par rapport à octobre, à
1,88 million pour le premier et à 3,62 millions pour
le second.
Quant aux réserves
disponibles des pays exportateurs, elles ont plongé de
31,15 % en 2006-2007, à 18,94 millions de sacs. «
Aucune reconstitution des stocks n'est à envisager dans
les pays producteurs », conclut le directeur exécutif
de l'OIC. D'où la probable poursuite de la fermeté
des cours constatée depuis la fin octobre sur le marché
new-yorkais de l'arabica.
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